Ce qui nous fait vraiment peur en agriculture
En octobre, les histoires d’horreur sont à l’honneur, mais chez les Agricultrices du Québec, ce ne sont pas les maisons hantées qui nous donnent des frissons !
Ce qui nous fait réellement peur ? Des enjeux bien présents dans le quotidien des femmes en agriculture et qui, contrairement aux monstres d’Halloween, ne disparaissent pas après le 31 octobre.
Des femmes qui restent dans l’ombre
Équité, diversité et inclusion dans les instances
Saviez-vous que les femmes représentent 27,7 % des propriétaires et copropriétaires des fermes québécoises, selon le Recensement de l’agriculture de 2021? Pourtant, leur présence dans les instances décisionnelles agricoles demeure sous-représentée.
Les efforts des dernières années ont permis de faire passer de 12 % à 20,6 % la représentation féminine parmi les personnes élues au sein de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Une progression encourageante, mais qui démontre qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.
Notre souhait ? Que les femmes puissent prendre pleinement leur place dans les décisions qui façonnent l’avenir du milieu
agricole. C’est pourquoi nous travaillons à favoriser le mentorat, à valoriser les compétences des agricultrices et à augmenter leur représentation dans les instances.
Des ambitions prises au piège
Soutien à l’entrepreneuriat féminin
Démarrer ou développer une entreprise agricole représente déjà un énorme défi, mais pour plusieurs femmes entrepreneures, le parcours s’accompagne d’obstacles supplémentaires.
Selon les données présentées par Développement économique Canada, 22,5 % des femmes entrepreneures ont recours à un apport financier provenant de leur famille ou de leurs proches, contre 9,9 % des hommes. Les femmes rapportent également avoir moins de facilité à négocier et consacrer moins de temps aux réseaux d’affaires.
Pour les soutenir, nous misons sur Dimension E, un programme d’accompagnement destiné aux femmes entrepreneures du secteur agricole et forestier. L’objectif est simple : leur donner accès aux outils, aux ressources et au soutien nécessaires pour développer leur plein potentiel.
Des dangers qui rôdent à la ferme
Santé psychologique, prévention et sécurité à la ferme
Conditions météorologiques imprévisibles, instabilité des marchés, hausse des coûts, maladies, charge de travail importante : les sources de stress sont nombreuses pour les productrices et producteurs agricoles.
La santé psychologique des personnes qui travaillent en agriculture est d’ailleurs plus précaire que celle de la population générale. Il est donc essentiel de briser les tabous et de faciliter l’accès aux ressources d’aide.
La sécurité physique représente aussi un enjeu majeur. La ferme est un lieu de travail, mais également un milieu de vie où grandissent des enfants. La présence de machinerie, d’animaux et d’équipements agricoles peut entraîner des risques importants, particulièrement pour les plus jeunes.
Nous poursuivons nos efforts de sensibilisation à la sécurité des enfants à la ferme et collaborons notamment avec l’organisme Au cœur des familles agricoles et Écoute agricole.
Le fantôme de l’agriculture
Travail invisible et rémunération
Imaginez travailler de longues heures, contribuer au fonctionnement d’une entreprise, gérer des responsabilités essentielles, sans toujours recevoir de rémunération ou de reconnaissance officielle.
Sans rémunération ni cotisations suffisantes à un régime de retraite, certaines femmes se retrouvent dans une situation de dépendance financière, particulièrement lors d’une séparation, d’un décès ou à l’approche de la retraite.
La reconnaissance de ce travail est au cœur de nos revendications. Pour faire avancer les choses, nous avons notamment développé un outil de calcul du travail invisible, permettant de mieux mesurer la valeur de ces contributions souvent oubliées.
Découvrez l’outil de calcul du travail invisible
Des journées qui n’en finissent plus
Conciliation travail-famille-vie personnelle
Entre les soins aux animaux, les récoltes, la gestion de l’entreprise, les tâches domestiques et les responsabilités familiales, les journées des agricultrices sont souvent bien remplies.
Les données montrent que les responsabilités demeurent inégalement réparties. Alors que 28 % des hommes consacrent 10 heures ou plus aux tâches domestiques, cette proportion atteint 63 % chez les femmes. L’accès aux congés parentaux représente également un défi.
Les Agricultrices du Québec revendiquent donc des mesures mieux adaptées à la réalité des familles agricoles, notamment un meilleur accès aux programmes gouvernementaux et au programme Pour une maternité sans danger.
Parce que réussir à concilier son entreprise, sa famille et sa vie personnelle ne devrait pas relever de la sorcellerie !
Heureusement, toutes les histoires qui font peur ne sont pas condamnées à mal se terminer ! Ces cinq enjeux font partie des revendications que nous portons pour faire évoluer le milieu agricole vers davantage d’équité, de reconnaissance et de sécurité.
Parce que ce qui serait vraiment effrayant, ce serait de laisser ces réalités dans l’ombre. 🎃







Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !