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Jamie Fraser : élever des moutons — et sensibiliser au rôle des agriculteurs — en Nouvelle-Écosse

22 avril 2026/0 Commentaires/dans Actualités agricoles, Inspirations, Quotidien et défis/par msylvestre

Brenda O’Farrell
Collaboration spéciale pour Les Agricultrices du Québec

 

S’il existait un portrait type de l’agriculteur néo-écossais, Jamie Fraser ne correspondrait probablement pas au modèle.

Âgée de 39 ans, elle détient une maîtrise en sciences ainsi qu’un diplôme de premier cycle en aquaculture de la Dalhousie University. Elle travaille aujourd’hui à temps plein sur le campus agricole de l’établissement, l’un des principaux centres de recherche dans ce domaine au Canada.

Et pendant ses temps libres, elle pratique l’agriculture.

« Si je pouvais — et si j’avais un million de dollars — je ferais certainement de l’agriculture à temps plein », affirme Fraser.

Jamie élève des moutons sur une ferme qu’elle exploite avec son frère, qui s’occupe d’un troupeau d’environ 40 bovins de boucherie. La ferme appartient à leur mère et est située à Tatamagouche, une petite municipalité à environ 50 kilomètres au nord de Truro et à l’ouest de Pictou, le long du détroit de Northumberland qui sépare la Nouvelle-Écosse de l’Île-du-Prince-Édouard.

Elle n’hésite pas à qualifier sa relation avec l’agriculture de passe-temps.

« Mon travail utilise ma formation et garde mon cerveau actif », explique Fraser, en parlant de son emploi sur le campus agricole, où elle est gestionnaire de l’usine d’aliments pour animaux qui développe et produit des moulées, souvent à partir d’ingrédients novateurs.

« J’utilise mon travail pour payer les choses, et c’est aussi mon régime de retraite », ajoute-t-elle. « Mon passe-temps, c’est l’agriculture. J’aime être entourée d’animaux. »

« Je ne sais pas ce que je ferais si je n’avais pas la ferme pour travailler. »

Mais Fraser ne se contente pas de travailler à la ferme et de s’occuper de ses moutons. Elle est également très active dans plusieurs organisations agricoles. Elle siège au conseil d’administration de la Sheep Producers Association of Nova Scotia, est vice-présidente de la Purebred Sheep Breeders Association of Nova Scotia, responsable des volets bovin et ovin du Club 4-H, et membre de la Northumberland Sheep Producers Association, qui organise notamment le salon annuel du mouton de Pictou ainsi qu’un souper et encan de Noël.

Tout cet engagement a fait d’elle une fervente défenseure du soutien aux producteurs locaux.

« Je veux que les gens soutiennent les aliments produits au Canada », affirme-t-elle, expliquant qu’il reste beaucoup de travail à faire pour que les consommateurs achètent non seulement des produits canadiens, mais comprennent également la qualité des aliments produits ici.
« Les gens ont besoin d’un plus grand lien avec la façon dont les aliments sont produits », dit-elle, ajoutant que davantage de personnes non issues du milieu agricole pourraient s’impliquer dans le secteur.

« Il y a beaucoup d’emplois disponibles en agriculture, mais les gens ne s’y intéressent pas parce qu’ils ne connaissent pas ce domaine », explique-t-elle.

Lorsqu’on lui demande si davantage de femmes devraient s’impliquer en agriculture, elle répond : « J’ai toujours connu des femmes impliquées en agriculture. Je n’ai jamais vu les femmes absentes de ce milieu. »
En ce qui concerne son secteur de production, elle reconnaît qu’il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes dans l’élevage ovin, comparativement à la production bovine, par exemple, qui demeure majoritairement masculine.

Fraser se montre optimiste quant à la place des femmes dans l’avenir de l’agriculture, particulièrement dans le secteur ovin, un domaine qui, selon elle, a encore beaucoup de potentiel de croissance au Canada. Mais cela ne signifie pas qu’elle ne s’inquiète pas de l’avenir de l’agriculture en général dans le pays.

« Ma plus grande crainte, c’est que les grandes entreprises finissent par tout contrôler », dit-elle. « C’est ce qui m’inquiète le plus. »

C’est peut-être cette inquiétude qui la pousse à continuer ce qu’elle fait, à l’échelle où elle le fait. C’est peut-être ce qui justifie le fait qu’elle se lève chaque matin pour effectuer les tâches de la ferme avant de partir travailler à 8 h, puis qu’elle revienne à la maison pour continuer les travaux, aller aux champs de foin jusqu’à environ 22 h et, certains jours, réparer une clôture électrique jusqu’à minuit.
Et recommencer encore le lendemain.

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